La protestation anti-régime algérien à Paris -Vidéos

Publié le 26 février 2019

<img src="image.jpg" alt="Rassemblement place de la République des Algériens à Paris " srcset=
 » width= »799″ height= »532″> © Larbi Graïne

 

 

Une foule compacte d’Algériens a envahi dimanche 24 février la place de la République à Paris pour dénoncer le 5e mandat de Bouteflika. Les manifestants ont scandé « Bouteflika, dégage, Saïd dégage, Ouyahia, dégage, pouvoir assassin, généraux assassins». Les jeunes venus nombreux, ont promis que ce n’est qu’un début et disent vouloir poursuivre la protestation jusqu’à ce que la chute du «système » s’ensuive. En outre, sur une pancarte on pouvait lire « La France soutient le pouvoir mafieux d’Alger depuis 1962 ». Une prise de conscience semble s’être opérée au sein de la jeunesse algérienne quant au rôle qu’elle peut jouer pour contribuer à l’édification d’un Etat de droit. Il est tout à fait ridicule d’invoquer le caractère anonyme des appels à manifester dans l’espoir de discréditer le mouvement. Outre que ce dernier s’inscrit dans la modernité matérialisée dans l’usage des réseaux sociaux, il vient combler un vide politique crée par la défection des partis et du mouvement associatif. Cette tendance est également observée en Europe. En Algérie, autrefois, les partis politiques appelaient les gens à se faire entendre dans la rue,  aujourd’hui si une organisation s’avise à le faire, elle a très peu de chance que son appel rencontre un succès, car la démocratie de façade a réduit les institutions politiques à un simple décor.  Au lieu d’être les animateurs de la vie politique, les partis ne font que la subir.

Lorsque les formations dites d’opposition apprirent qu’une grande manifestation contre le 5e mandat est en préparation, elles se sont empressées d’exprimer leur soutien comme pour se rappeler au bon souvenir du peuple auquel elles ont l’habitude de tourner le dos.  Le recours à l’anonymat (provisoire, cela s’entend) est donc un impératif dicté par la situation. C’est, d’ailleurs, la répétition des manifestations qui brise l’anonymat. Dans le cas où la protestation se développe sur le terrain, les gens auront le temps de se connaître et se donner de nouveaux leaders. L’appel anonyme comporte aussi une vertu : n’ayant pas de prétention idéologique, il s’adresse à tout le monde, toutes obédiences confondues. Tout compte fait, ces manifestations ont révélé que les Algériens peuvent soulever des revendications en dehors des fameux « ismes ». Ce qui importe c’est donc moins le caractère anonyme des appels que la prise de conscience sur les objectifs du mouvement.     

Larbi Graïne

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