Hospitalité allemande et homosexualité : Autour de la visite de Merkel à Alger

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Publié le 30 septembre 2018

Alger s’apprête à récupérer une partie de ses émigrés clandestins que le hasard de l’histoire a poussés jusqu’en Allemagne. En ce mois de septembre, Angela Merkel, en bonne cheffe de famille germanique ne s’est pas fait prier pour arracher à Ahmed Ouyahia, l’accord d’expulsion.  Il y avait tout de même quelque chose de suspect dans cette perfide Germanie qui pour festoyer a invité à sa table des écrivains et des militants des droits de l’homme. 

Les migrants algériens, jeunes pour la plupart, ont dû croire accueillante cette Allemagne avec qui ils n’avaient presque aucune histoire, hormis les anecdotes sur les deux guerres mondiales transmises par les grands-parents.

En 2015 Angela Merkel clamait haut et fort l’hospitalité allemande. Joignant le geste à la parole, elle ouvrit les frontières à près d’un million et demi de personnes qui venaient d’être chassées par les guerres du Moyen-Orient. Ce qui était tout à l’honneur de l’Allemagne. Les migrants irréguliers algériens ou harraga, ne se doutaient pas à ce moment-là que l’arrivée de centaines de milliers d’Asiatiques allait compromettre sérieusement leur séjour et pour certains la demande d’asile qu’ils venaient d’adresser aux autorités du pays d’accueil. Les harragas et l’Algérie par ricochet, sont ainsi rattrapés par un conflit qu’ils pensaient être en dehors de leur sphère géographique.

Confrontée à la crise syrienne, l’Allemagne tente de réduire le volume de l’émigration en renvoyant chez eux les migrants des autres nationalités. Comme par miracle les pays qui étaient autrefois classés au rouge comme pays dangereux se voient éligibles à la qualité de pays « sûrs », c’est-à-dire de pays offrant toutes les garanties de protection des droits de l’homme. Ainsi le Parlement allemand prévoit de débattre un projet de loi qui inclurait dans la liste des pays sûrs, outre l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et la Géorgie. Par la grâce de ce projet de loi, l’Algérie est donc en passe de devenir un pays sûr au même titre que l’ensemble des pays de l’Union européenne.  Autrement dit, Berlin ferme les yeux sur la situation politique en Algérie où les libertés d’association, de réunion et de manifestation sont fréquemment bafouées.

Berlin n’a pas entendu parler de Merzoug Touati

L’Allemagne n’a donc pas entendu parler des blogueurs qui sont régulièrement arrêtés et emprisonnés. Elle n’a pas entendu parler de Merzoug Touati qui croupit en prison et dont la libération est réclamée par Human Rights Watch et Amnesty International. Et pourtant, ce cas devrait particulièrement interpeller la chancelière allemande, car Merzoug Touati a tout fait pour éviter de devenir harraga. Il avait essayé en vain d’avoir des papiers réguliers pour se rendre à l’étranger. L’Allemagne n’a pas entendu parler non plus du Maroc qui s’est distingué par la répression du mouvement Hirak en jetant en prison les chefs de la protestation. En somme, Berlin se comporte comme s’il se félicitait de ce que le Maroc et l’Algérie soient mis en coupe réglée. Si donc le projet de loi vient à être entériné, les ressortissants des pays du Maghreb ne pourront plus espérer demander l’asile à l’Allemagne. Que cela soit dit en passant, il n’y aurait que la Tunisie qui mériterait (bien que cela reste à prouver) le qualificatif de pays sûr. 

Un visa pour mettre sur la touche les chômeurs

La politique migratoire allemande à l’instar d’autres politiques mises en œuvre dans d’autres pays européens, est une machine à fabriquer des harraga. Le mot harraga, littéralement « brûleurs » ne désigne-t-il pas cette catégorie de migrants qui entend transgresser les politiques migratoires restrictives mises au point par les pays de la rive nord de la Méditerranée ?  La liberté de circulation tant exaltée par le droit international n’est accordée en fin de compte qu’à une classe de privilégiés. L’obligation d’obtenir un visa du pays d’accueil sert de filtre pour écarter les éléments issus des couches précarisées, notamment les chômeurs qui sont soupçonnés d’émigrer pour des raisons économiques.  C’est la raison pour laquelle de nombreux harraga n’osent même pas tenter de demander un visa, encore moins un passeport.  

Mais après s’être aperçue que l’obligation du visa n’a pas réussi à juguler la traversée clandestine de la mer Méditerranée, l’Union européenne a franchi un nouveau pas en imposant aux pays de transit, à l’exemple du Maghreb, l’externalisation de l’asile, c’est-à-dire la sous-traitance sur place de la répression des migrants en situation irrégulière. De par sa position de point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Europe, le Maroc s’est déjà transformé en une immense barrière. Il a érigé des barbelés surmontés parfois de lames tranchantes autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila.  L’Algérie n’a pas échappé à la pression européenne, puisque en 2008 l’assemblée nationale algérienne adoptait une loi criminalisant l’émigration irrégulière. Certes Alger dit s’opposer à l’ouverture sur son territoire des centres d’accueil pour migrants mais rien n’indique que cette position va être maintenue dans l’avenir.  

Merkel sous pression de ses opposants

Sous la pression de ses opposants, Angela Merkel a hâte de renvoyer à Alger les harraga algériens. Elle a tellement hâte qu’elle est disposée à ranger l’Algérie dans la catégorie des pays les plus démocratiques dans le monde. Entre Alger et Berlin il n’y aurait donc aucune différence et les harraga se seraient trompés sur leur propre pays. L’Algérie ne serait pas si différente de la perfide Germanie. Le souci des Allemands, – que semble exprimer cette journaliste ramenée dans les bagages d’Angela Merkel-, c’est de connaitre le sort qui sera réservé aux homosexuels car le même problème agite le landerneau européen. Mais, on n’ira pas jusqu’à dire que les Allemands soupçonnent les harraga d’être des homosexuels et qu’ils s’inquiétaient pour eux…    

Larbi Graïne

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Cet article a 1 commentaire

  1. Larbi graine tu devrais demander une carte de sejour a ANGELA elle devrais te l’accorder facilement vu ton desaroi.

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