La folie, le pouvoir et ses candidats

   <img src="image.jpg" alt="Rachid Nekkaz" srcset= » width= »790″ height= »444″>

Publié le 9 février 2019

Les hommes font le système mais le système défait les hommes. Après une phase de construction, survient celle de la dégénérescence.  Les hommes apparaissent alors comme des rouages d’une mécanique obsolète. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est certainement l’homme qui personnifie le mieux la machine détraquée du système politique algérien, lequel en a fait un véritable valet. Cet homme n’a qu’une ambition : exécuter les consignes du régime afin de faire briguer à un pauvre malade un 5e mandat. Pourtant, il sait depuis des années que son président n’a pas prononcé la moindre parole et que sa santé ne lui permet même pas à se venir en aide à lui-même.  Comment cet homme en est venu à se renier jusqu’à ce point ? A croire que la longévité au pouvoir est la marque de la docilité et de la compromission. Le parcours « politique » d’Ahmed Ouyahia (mis à part le cycle diplomatique), consiste en allées et venues entre la chefferie du gouvernement et la présidence de la République. Quand la chance paraissait ne plus lui sourire, il eut droit à des postes de ministre de la Justice et de représentant personnel du président de la République.  Chef de gouvernement sous Zeroual, il occupe à trois reprises la même fonction sous Bouteflika (2003-2006),  (2008-2012), puis (2017 jusqu’à aujourd’hui). Dès le début du 4e mandat où l’on voit le chef de l’Etat disparaître de la scène publique et politique, il est nommé chef de cabinet de la présidence de la République. Et comme Ouyahia n’est qu’un pion dans le jeu des décideurs, il redevient Premier ministre après la chute d’Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier loin d’être un homme de rupture, a fait les frais des luttes intestines au sein du régime. Depuis la maladie du chef de l’Etat, le profil des premiers ministres est moins politique, en tous les cas, moins porté à incarner une vision. Ils ont donc servi – Sellal, Tebboune et Ouyahia – comme piètre paravent à un pouvoir devenu clandestin. Tous, ont entretenu l’illusion que le chef de l’Etat est affairé à son bureau et qu’il s’occupe de la maison Algérie comme il se doit. Dans une contribution parue récemment dans la presse l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche a soulevé d’une manière à peine voilée la question du pouvoir « d’autorité d’Etat » qui s’exerce dans « l’anonymat ». Ainsi, l’actuel Premier ministre fait preuve d’un aveuglement, d’une incapacité totale à agir en dehors des cercles dominants. Il se défie de l’opinion nationale et internationale qui, désormais est bien édifiée sur l’état de santé du chef de l’Etat algérien.  

Ce qui caractérise les tenants du pouvoir actuel, c’est l’insouciance vis-à-vis de l’éthique politique. La situation est déjà ubuesque et elle risque de tourner au fiasco le plus total si la candidature de Bouteflika vient à être entérinée. Outre que les processus électoraux ne jouent aucun rôle, l’élection prochaine pourrait voir la participation d’un homme inapte à gouverner le pays. L’Algérie sombre-t-elle dans la folie ?

Ali Ghediri, paraît malgré lui un candidat rancombolesque dès lors que la présence de Bouteflika ne lui pose pas de problème. Mais pour le sémillant candidat Rachid Nekkaz, Bouteflika est mort. Invité sur  le plateau de la radio M, ce dernier ne semble donc nullement dérangé par le fait de se présenter face à un candidat qui n’est plus de ce monde. Le journaliste qui l’interviewait, avait tenté de présenter cette déclaration comme « fantaisiste », ce à quoi, Nekkaz réplique mordicus « ce que j’ai dit est la vérité, si c’était de la diffamation contre le président, on m’aurait jeté en prison comme on avait jeté le journaliste Mohamed Tamalt. »    

Ces candidats qui se moquent du pouvoir       

 Depuis le lancement de l’opération de retrait des formulaires de souscription individuelle pour l’élection présidentielle, un phénomène assez curieux s’est manifesté. Des hommes et des femmes lambda dont beaucoup appartiennent à la classe des petites gens se bousculent devant le portillon du ministère de l’Intérieur pour y retirer le fameux document.

Ces prétendants au trône sont à distinguer des professionnels de la politique et des personnalités publiques auxquels on connait des activités politiques plus ou moins avérées. On s’est beaucoup appesanti sur le cas de ces personnes qui paraissent ne pas mériter ce qu’elles veulent atteindre. Or, ce qui est digne de remarque et qu’on a daignés ne pas voir c’est que beaucoup parmi elles voulaient se passer pour des personnages « naïfs » et « fantaisistes », prenant ainsi une attitude plus feinte que naturelle.  Certains observateurs croient voir en eux des candidats « folkloriques » ou « farfelus », voire des « lièvres ». Etrangers au monde politique et même aux autres mondes dits évolués, ils sont des citoyens auxquels d’ordinaire on ne prête jamais attention. La plupart d’entre eux ont ceci de particulier qu’ils présentent une situation d’handicap au regard de laquelle on comprend qu’ils ne peuvent aller plus loin dans leur supposée conquête du pouvoir. Tel confesse à demi-mot son illettrisme, tel autre exhibe une bouche édentée et tel autre dit ne pas connaître son programme.

Messages codés au pouvoir   

S’il est vrai que le phénomène des candidatures marginales a été observé sous d’autres cieux, il prend cependant en Algérie une tonalité particulière. Car à l’évidence, on ne vient pas pour candidater à un trône qu’on sait hors de portée mais pour s’exprimer sur la situation politique du pays.  Sans doute chacun le fait à sa façon. Ces gens qui sont venus récupérer les formulaires de candidature sont des chef.fes de famille dont un enfant ou deux ont dû traverser ou tenter de traverser clandestinement la mer pour regagner l’Europe ; ou ont dû participer à des émeutes ou couper la route pour être entendus par les autorités.

La façon dont les chaines de télévision privées les ont présentés a, certes dû provoquer un effet boule de neige qui les aurait incités à aller s’offrir gratuitement une débauche verbale sous la caméra. Comme ils ont compris comment fonctionnent les médias, ils étaient heureux de se faire interviewer comme des personnalités VIP et ce, sans même devoir le quémander. Alors que la presse croit interviewer des candidats dont elle sait d’avance qu’ils n’ont aucune chance de parvenir à leurs fins, les candidats, eux, savent que les journalistes sont là pour parler d’une élection qui n’aura jamais lieu. Ces gens ordinaires sont en réalité des génies dont le niveau politique est bien supérieur à celui d’Ould Abbès ou d’Ouyahia. Si les journalistes jouent la comédie de l’élection, eh bien ils seront bien servis ! voilà ce qu’ils pensent en leur for intérieur. Loin donc d’être des simples d’esprit, ces candidats en profitent pour jouer la parodie du pouvoir malade en mimant, sa folie, ses mensonges, ses fragilités et ses inconséquences.   

Larbi Graïne

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Cet article a 2 commentaires

  1. Merci pour ce papier… Bien resumer..

  2. C’est notre hibernation qui a laisse une averse de tout venant tenir la commande de ce gros et merveilleux pays,qui se ronge par ce staff corrompus,mais pays aussi sacre arrosé par le sang d’un million et demi de chouhadas,de 1954 a 1962 peut-être 1 million de la devenir noire sans oublier ce qu’a fait ce maudit colons depuis cet incident fit d’evantail avec le bey sortiront des braves pour changer le cap et remettre la gouvernance su rail el jazair wellada
    El mokrani lala fatima nsoumer boumaaza el amir ouled boutouizgha bouaamama plus les vaillants martyrs pour ne citer que benbella amirouche larbi benmhidi colonel lotfi bentobal Boudiaf ait Ahmed chikh et houar messali ibn badis taleb el ibrahimi larbi tebessi le fameux rabeh bitat gzid Ahmed med sedik benyahya medeghri khemisti la liste est longue leur progéniture reviendra a la charge et le pays sera libéré de cette mafieuse équipe de prédateurs

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