𝐋𝐞 𝟏𝐞𝐫 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨 𝐞𝐭 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨𝐬𝐡𝐨𝐩

Les Six historiques de la Révolution algérienne

Il ne fait aucun doute que s’il venait à être maintenu, le référendum sur l’amendement de la constitution sera un fiasco. Obnubilé par l’illusion de sa propre puissance, le commandement militaire table sur une mise en scène théâtrale. Ses affidés s’apprêtent à se tailler le costume des vaillants moudjahidine qui ont mené le combat contre le colonialisme. Faire tenir le scrutin le jour anniversaire du déclenchement de la guerre d’indépendance relève, au mieux de la supercherie, au pire du délire. Pour autant cette usurpation délibérée d’une date historique ne métamorphosera pas en patriote une junte militaire dénoncée partout en Algérie comme une bande de « brigands ». La hantise des décideurs est d’être confrontés à une désaffection du public dont l’ampleur est susceptible de saborder la manifestation médiatique qu’ils pensent pouvoir réussir. Il ne faudrait pas que les écrans de télévision renvoient l’image d’une pièce de théâtre sans spectateurs. Pourtant, Covid oblige, il sera plus difficile pour le régime, de diffuser des images d’archives des années précédentes puisque les électeurs en ces temps-là ne portaient pas de masques. A moins que les autorités aient l’idée saugrenue de recourir à Photoshop pour changer tous les visages. C’est quoi les élections en Algérie aujourd’hui ? Ce sont de simples montages de sons et d’images montrant un peuple satisfait de son sort et en osmose avec ses dirigeants. La tartuferie électorale étant la norme, voter « non » équivaut à un « oui », c’est-à-dire à un acquiescement au pouvoir militaire. La carrière du Hirak n’est donc pas terminée. Son CV est appelé à s’étoffer de nouvelles actions et de nouvelles spécialités plus adaptées à la nouvelle situation. Ses objectifs sont clairs : transférer au peuple le pouvoir détenu par le commandement militaire. La révolution du sourire saura faire échec aux tentatives de division entre les deux principaux courants politiques du pays, qui sont dominés respectivement par les islamistes et les laïcs. Ces deux courants se sont côtoyés dans des marches grandioses jamais vues ailleurs pour exiger « un État civil et non militaire ». Quoi qu’il en soit, le mouvement du 22 février n’a pas le choix: s’il n’impose pas ses islamistes et ses laïcs, le régime va imposer les siens.

Larbi Graïne

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